Chansons de tradition orale en langue bretonne
dans les livres, revues et manuscrits
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Caractéristiques du chant

Référence : M-00163
Titre critique breton : Ar bugel koar
Titre critique français : L’enfant de cire
Titre critique anglais : The wax child
Résumé :
Si les habitants de Tréguier avaient veillé à bien fermer leur église, on n’aurait pas baptisé l’enfant de cire, face à l’autel, au rayon de lune.
Penarfantan disait au seigneur Mesgwen : – « D’où viens-tu, je te trouve bien mauvaise mine ? ». – « Je suis allé acheter une robe pour ma charmante petite héritière ». – « Un bout de corde serait préférable, on lui a fait un enfant de cire à ton effigie pour te tuer ».
Le sire de Mesgwen retourne chez lui, brise avec une hache le coffre de sa fille Margot et trouve l’enfant de cire.
– « Qui t’a conseillée ? ». – « Un korandon du bois du Jaudy. Quand je le piquais avec de grosses épingles, votre cœur le ressentait ».
– « Qui l’a baptisé ? ». – « Un jeune prêtre pour cinquante écus en or et en argent ».
– « Qui l’a tenu sur les fonds baptismaux ? ». – « Hamon, votre petit valet et Brigitte, votre servante. J’avais promis de les récompenser ».
Sur la pointe du Guindy, face à la mer, dur le cœur qui n’eût pleuré à voir l’héritière, une chemise de soufre au cou.
Le sire de Mesgwen pleurait en voyant brûler sa petite-fille, lui qui n’avait pas d’autre enfant.

Thèmes : Vies déréglées, sorcellerie, bandits, bons à rien
Note :
[de J.M. de Penguern] : Au XIIIe et même XIVe, on baptisait par immersion (ou mixte : les pieds dans la cuve). Toutes les vieilles cuves (en Bretagne), qui servent aujourd’hui de bénitier, ont des restes de fermoirs. On fermait les fonds baptismaux à cause des envoûtements… (jusqu’à la première moitié du XVIIe).
Depuis les druides jusqu’à nos jours cette criminelle pratique (des envoûtements) se suit (?) en Bretagne. Le XIVe et le XVe siècles en offrent surtout des exemples : en 1457, Pierre II avait été envoûté, disent quelques chroniqueurs et refusa de guérir en rendant la pareille, aimant mieux mourir de par Dieu que de vivre de par le diable.
Les six enfants de cire du chant des séries, V.M. : la contrepartie chrétienne.
Nous n’avons plus aujourd’hui que la contrepartie chrétienne. Pour obtenir aujourd’hui, non la mort, mais la vie, la guérison, on envoie aux chapelles de dévotion l’image en cire de la personne pour laquelle on invoque.

(Penguern ne nous dit pas sur quels documents il se base pour parler d’envoûtements du temps des Druides).

Comparaison entre versions :
– Le seigneur de Mesgwen = komt Penhoat = Penfeunteun (inversion) = M. Bistigo.
– Penarfantan = Nicolas des Fontaines = Poularfenteun.

Versions (8 versions, 16 occurrences )



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